Les ménages français continuent de s'endetter

Une évolution qui profite aux courtiers en crédit ?

C'est une tendance lourde de ces dernières années : les chiffres publiés en février par l'Insee montrent que les consommateurs n'ont pas peur de contracter des crédits de toute sorte. Une information qui intéressera certainement les entrepreneurs qui se préparent à créer leur activité en franchise dans le secteur du courtage en crédit.

La dette des ménages a doublé en dix ans

D'après le dernier rapport trimestriel de l'institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la dette des ménages de France totalisait 1 209,7 milliards d'euros au troisième trimestre 2015 (somme en données corrigées des variations saisonnières selon les chiffres de la Banque de France). En 2005, la dette était de 664,9 milliards d'euros, soit un peu plus de la moitié.

Le taux d'endettement, qui correspond au pourcentage des crédits en cours sur le revenu disponible brut, atteignait 86,1 % au troisième trimestre
(soit une progression de 1,2 point sur douze mois). Il y a dix ans, ce taux s'élevait à seulement 59,5 %. Notons que le taux d'endettement des ménages français n'a rien d'extraordinaire par rapport à d'autres pays comme la Grande Bretagne ou les États-Unis, dont les ménages sont respectivement endettés à 134 % et 136 % par rapport à leur revenu.

Une progression qui se stabilise

D'un point de vue économique, il est intéressant de comparer le taux d'endettement au produit intérieur brut (PIB) d'un pays. Entre 2005 et 2010, le taux d'endettement en pourcentage du PIB a gagné 12,2 % pour atteindre 52,2 %. Puis entre 2011 et 2015, la courbe s'est tassée avec une augmentation de seulement 3,6 %. L'endettement correspondait à 55,8 % du PIB en septembre dernier.

Bonne nouvelle pour les professionnels du courtage en crédit : plus des trois quarts de la dette des Français concerne l'immobilier. La flambée des prix depuis les années 2000 conforte les ménages dans leur désir de devenir propriétaires. En parallèle, on observe une hausse certaine de la part du prêt à la consommation. La multiplication des offres en ligne et l'explosion des petits crédits dans les secteurs de l'informatique, de l'électroménager ou des vacances pousse les consommateurs à acheter de plus en plus souvent à crédit. Les comportements changent, le crédit devient un réflexe courant, ce qui ne peut que rassurer la profession de courtier en crédit.

Les courtiers profitent de la tendance

Avec des taux au plus bas, les demandes de prêt se sont multipliées ces derniers mois. Les ménages se sont donc précipités chez leurs banquiers, mais aussi auprès des réseaux de courtiers en crédit. Les acteurs de la profession estiment actuellement que leur part de marché oscille entre 30 et 40 % des crédits accordés.

L'intégration au droit français de la directive européenne sur le crédit immobilier dite « directive MCD » devrait encore plus dynamiser le marché. La concurrence des réseaux de courtage étrangers va forcer les enseignes hexagonales à se montrer agressives et innovatrices, mais aussi ouvrir aux plus ambitieuses d'entre-elles un accès vers les territoires européens.

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